{"id":1261,"date":"2024-10-23T09:29:49","date_gmt":"2024-10-23T09:29:49","guid":{"rendered":"https:\/\/www.fondation-louisroederer.com\/auteur\/yves-marie-abraham\/"},"modified":"2024-11-01T12:21:42","modified_gmt":"2024-11-01T12:21:42","slug":"yves-marie-abraham","status":"publish","type":"auteur","link":"https:\/\/www.fondation-louisroederer.com\/en\/author\/yves-marie-abraham\/","title":{"rendered":"Yves-Marie Abraham"},"content":{"rendered":"    <section class=\"block-titre-parag bg-white layout-pad-small-y  pb-small pt-small\">\n\n        <div class=\"container \">\n            <div class=\"layout-pad-x \">\n                <div class=\"w-50-desktop\">\n                                            <h2 class=\"h2-sm mb-1r\">Comment soigner notre \u00e9co-anxi\u00e9t\u00e9 ?<\/h2>\n                                    <\/div>\n\n                <div class=\"w-50-desktop\">\n                                                                        <div class=\"\">\n                                <p><em>Original version in French<\/em><\/p>\n<p>Face au flot quotidien de mauvaises nouvelles concernant l\u2019\u00e9tat de la plan\u00e8te, comment ne pas \u00e9prouver de l\u2019anxi\u00e9t\u00e9, de la peur ou de l\u2019angoisse ? Et que faire alors contre de tels malaises ? Si l\u2019on se fie aux travaux sur le stress men\u00e9s par le neurobiologiste Henri Laborit, il semble en tout cas essentiel de ne pas laisser perdurer la situation. Au terme de diverses exp\u00e9riences men\u00e9es sur le sujet, Laborit aboutissait en effet \u00e0 deux constats clairs, magistralement mis en images d\u2019ailleurs par Alain Resnais dans <em>Mon oncle d\u2019Am\u00e9rique <\/em>(1980). Premi\u00e8rement, le stress r\u00e9p\u00e9t\u00e9 est potentiellement tr\u00e8s dangereux pour l\u2019animal, y compris pour l\u2019\u00eatre humain bien s\u00fbr. Une telle situation finit par perturber son syst\u00e8me immunitaire et son syst\u00e8me cardiovasculaire. Deuxi\u00e8mement, pour ne pas risquer de d\u00e9velopper des pathologies plus ou moins graves en pareil cas, le meilleur des rem\u00e8des, assurait Laborit, est la fuite. Il faut tout simplement s\u2019\u00e9loigner autant que faire se peut de la source de stress en question<sup>1<\/sup>.<\/p>\n<p>Mais, comment \u00e9chapper \u00e0 la catastrophe \u00e9cologique en cours et \u00e0 ses diverses manifestations ? Il n\u2019y a actuellement aucun endroit sur Terre o\u00f9 l\u2019on peut se consid\u00e9rer v\u00e9ritablement \u00e0 l\u2019abri de cette catastrophe<sup>2<\/sup>. M\u00eame si c\u2019est avec des intensit\u00e9s variables selon les endroits, le d\u00e9r\u00e8glement climatique affectera l\u2019ensemble du globe et des \u00eatres vivants qui l\u2019habitent. Par ailleurs, certaines pollutions sont d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sentes tout autour de la plan\u00e8te. C\u2019est le cas en particulier des microplastiques que l\u2019on retrouve aussi bien dans les glaces de l\u2019Antarctique que dans nos intestins. M\u00eame chose pour un certain nombre de particules chimiques, qui saturent nos milieux de vie et viennent d\u00e9j\u00e0 perturber gravement un autre syst\u00e8me r\u00e9gulateur de nos corps : le syst\u00e8me endocrinien. Plusieurs \u00ab maladies de civilisation \u00bb qui affectent un nombre grandissant d\u2019entre nous et fragilisent aujourd\u2019hui nos syst\u00e8mes de sant\u00e9 y trouvent l\u2019une de leurs causes<sup>3<\/sup>.<\/p>\n<p>Toutefois, \u00e0 la diff\u00e9rence des rats sur lesquels Laborit a men\u00e9 ses exp\u00e9riences, les humains ont \u00e0 leur disposition une autre strat\u00e9gie de fuite face \u00e0 une situation stressante : celle qui consiste \u00e0 s\u2019en \u00e9chapper mentalement. A d\u00e9faut de modifier le monde dans lequel nous nous trouvons plong\u00e9s, il reste toujours possible de modifier la conscience que nous avons de ce monde. Et nous avons d\u00e9velopp\u00e9 toutes sortes de moyens d\u2019y parvenir. Outre les drogues l\u00e9gales et ill\u00e9gales dont la consommation peut nous aider \u00e0 mieux supporter le stress de la vie quotidienne, nous pouvons aussi nous discipliner de diverses mani\u00e8res pour envisager de fa\u00e7on moins anxiog\u00e8ne notre monde, en pratiquant la pens\u00e9e positive ou certaines formes de m\u00e9ditation. Autre option encore : s\u2019\u00e9chapper dans des mondes imaginaires. L\u2019art nous en offre \u00e0 foison. Mais, le cyberespace \u00e9galement. Enfin, il est possible de ne pr\u00eater l\u2019oreille qu\u2019\u00e0 des \u00ab histoires \u00bb rassurantes, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 des lectures de la r\u00e9alit\u00e9 qui viennent att\u00e9nuer le caract\u00e8re anxiog\u00e8ne des nouvelles que nous recevons sur l\u2019\u00e9tat de notre plan\u00e8te.<\/p>\n<p>C\u2019est le cas des discours qui promeuvent le \u00ab d\u00e9veloppement durable \u00bb, la \u00ab croissance verte \u00bb, la \u00ab transition \u00e9nerg\u00e9tique \u00bb, l\u2019\u00ab \u00e9conomie circulaire \u00bb ou la \u00ab redirection \u00e9cologique \u00bb. Tout en reconnaissant le p\u00e9ril \u00e9cologique, ces histoires nous assurent que le pire pourra \u00eatre \u00e9vit\u00e9, sans pour autant remettre en question notre civilisation. Comme les contes pour enfants, elles aident \u00e0 dormir. D\u2019o\u00f9 leur succ\u00e8s consid\u00e9rable.<\/p>\n<p>La fuite int\u00e9rieure pr\u00e9sente deux avantages ind\u00e9niables. Elle est relativement facile \u00e0 pratiquer et s\u2019av\u00e8re plut\u00f4t efficace pour demeurer soi-m\u00eame en bonne sant\u00e9, si l\u2019on en croit Laborit toujours. Le probl\u00e8me est que pendant que nous fuyons de la sorte dans l\u2019imaginaire, la catastrophe reste bien r\u00e9elle, et se poursuit d\u2019autant plus facilement que nous ne lui opposons aucune r\u00e9sistance, puisque nous sommes en quelque sorte ailleurs. Par cons\u00e9quent, elle risque bien de finir par nous rattraper et nous sortir brutalement de l\u2019esp\u00e8ce de torpeur dans laquelle nous nous maintenons. Que faire alors, si aucune sorte de fuite n\u2019est possible ? Il est essentiel, soutenait Laborit, de ne pas sombrer dans \u00ab l\u2019inhibition de l\u2019action \u00bb, cette sorte de paralysie impos\u00e9e par la conviction qu\u2019il n\u2019y a plus rien \u00e0 faire contre les maux qui nous accablent. C\u2019est dans cet \u00e9tat en effet que se d\u00e9veloppent certaines pathologies telles que l\u2019hypertension art\u00e9rielle, le cancer, la d\u00e9pression et bien d\u2019autres encore. Comment donc \u00e9viter la somatisation ?<\/p>\n<p><strong><br \/>\nSE BATTRE, MAIS CONTRE QUOI ?<\/strong><\/p>\n<p>Les exp\u00e9riences men\u00e9es par l\u2019auteur d\u2019<em>\u00c9loge de la fuite <\/em>sugg\u00e8rent une piste de solution. Elles r\u00e9v\u00e8lent en effet que deux rats soumis \u00e0 de petits chocs \u00e9lectriques dans une m\u00eame cage vont avoir tendance \u00e0 se battre l\u2019un contre l\u2019autre. Cette lutte, \u00e9videmment, ne fait pas dispara\u00eetre la cause de leurs tourments, mais semble leur permettre de ne pas d\u00e9velopper de pathologie, contrairement aux rats qui subissent seuls la m\u00eame situation. Pour ne pas somatiser, il faudrait donc se battre. Contre l\u2019\u00e9co-anxi\u00e9t\u00e9, soyons d\u2019abord \u00ab \u00e9co-furieux \u00bb, comme nous y invite Fr\u00e9d\u00e9ric Lordon, ce qui devrait au moins nous \u00e9viter de tomber malade. Reste \u00e0 savoir contre qui se battre. C\u2019est l\u00e0 sans doute qu\u2019un autre danger nous guette, celui de se tromper de cible. Parmi les erreurs courantes en la mati\u00e8re, il y a celle qui consiste, en Occident, \u00e0 attribuer par exemple l\u2019origine de nos horreurs \u00e9cologiques aux \u00ab Chinois \u00bb, dont l\u2019industrie est pr\u00e9sum\u00e9e trop polluante, tout en oubliant que nous sommes les premiers consommateurs des produits de celle-ci. Plus grave encore peut-\u00eatre, il y a aussi ce discours omnipr\u00e9sent, en Occident toujours, qui d\u00e9nonce l\u2019humanit\u00e9 elle-m\u00eame, et soutient que la meilleure mani\u00e8re d\u2019affronter le p\u00e9ril \u00e9cologique serait de ne plus avoir d\u2019enfants ou d\u2019en faire moins\u2026<\/p>\n<p>Notons d\u2019abord que cette derni\u00e8re proposition a quelque chose de paradoxal. La lutte \u00e9cologique n\u2019a pas pour objectif de \u00ab sauver la plan\u00e8te \u00bb. Celle-ci n\u2019est pas en danger. L\u2019enjeu est de prot\u00e9ger le monde vivant, et en particulier l\u2019humanit\u00e9. N\u2019est-ce pas contradictoire alors de pr\u00e9tendre assurer l\u2019avenir de notre esp\u00e8ce en nous invitant \u00e0 cesser de nous reproduire ? Mais, il s\u2019agit surtout d\u2019une fausse piste. L\u2019analyse historique met clairement en \u00e9vidence que la cause de la catastrophe \u00e9cologique n\u2019est pas d\u00e9mographique \u2013 pas d\u2019abord d\u00e9mographique, en tout cas. Depuis deux si\u00e8cles, le nombre d\u2019humains peuplant la Terre a effectivement augment\u00e9 de mani\u00e8re consid\u00e9rable, passant d\u2019environ 800 millions d\u2019individus en 1800 \u00e0 quelque 8 milliards actuellement. Toutefois, les quantit\u00e9s d\u2019\u00e9nergie et de mati\u00e8re mobilis\u00e9es par ces m\u00eames humains au cours de cette p\u00e9riode ont cru \u00e0 un rythme bien plus rapide, de m\u00eame que les quantit\u00e9s de capitaux accumul\u00e9s et de d\u00e9chets produits<sup>4<\/sup>. Ces donn\u00e9es sugg\u00e8rent qu\u2019une autre force que celle du nombre est en cause dans ce grand bouleversement \u00e9cologique. De quoi s\u2019agit-il ?<\/p>\n<p>Cette force porte le nom de \u00ab croissance \u00e9conomique \u00bb. Elle consiste, pour une population humaine donn\u00e9e, \u00e0 produire et \u00e0 vendre, d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e, toujours plus de marchandises. Elle semble s\u2019\u00eatre empar\u00e9e des nations europ\u00e9ennes \u00e0 partir de la fin de l\u2019\u00e9poque m\u00e9di\u00e9vale, avant d\u2019\u00e9tendre sa domination sur la presque totalit\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s humaines aujourd\u2019hui. Son action est g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9e comme une condition n\u00e9cessaire de l\u2019am\u00e9lioration du bien-\u00eatre des humains. Toutefois, produire toujours plus de marchandises implique de consommer toujours plus de mati\u00e8re et d\u2019\u00e9nergie, et de g\u00e9n\u00e9rer toujours plus de d\u00e9chets, ce qui finit par d\u00e9grader les conditions d\u2019habitabilit\u00e9 de la Terre, au point m\u00eame de menacer l\u2019avenir de notre esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>Les promesses de \u00ab croissance verte \u00bb ou \u00ab propre \u00bb n\u2019ont jusqu\u2019\u00e0 ce jour jamais \u00e9t\u00e9 tenues et semblent bien loin de pouvoir \u00eatre tenues dans un avenir proche<sup>5<\/sup>. Il serait prudent par cons\u00e9quent de vouloir y mettre un frein. S\u2019il faut se battre pour gu\u00e9rir de notre \u00e9co-anxi\u00e9t\u00e9 ou de notre \u00e9co-angoisse, c\u2019est donc contre cette course \u00e0 la croissance qu\u2019il conviendrait de se lever, d\u2019autant qu\u2019elle pose bien d\u2019autres probl\u00e8mes, notamment sur le plan social et politique. Tel est le sens de l\u2019appel lanc\u00e9 dans l\u2019espace public, il y a maintenant un peu de plus de vingt ans, en faveur d\u2019une \u00ab d\u00e9croissance soutenable \u00bb ou \u00ab conviviale \u00bb<sup>6<\/sup>.<\/p>\n<p><strong><br \/>\nD\u2019O\u00d9 VIENT LE PROBL\u00c8ME ?<\/strong><\/p>\n<p>Comment mener cette bataille ? Pour esp\u00e9rer la gagner, il importe d\u2019identifier d\u2019o\u00f9 vient cette force ou ce qui la fonde. L\u2019explication la plus fr\u00e9quente, que vient cautionner la science \u00e9conomique orthodoxe, consiste \u00e0 loger l\u2019origine de la croissance \u00e9conomique dans la nature des \u00eatres humains. Confront\u00e9s au probl\u00e8me de la raret\u00e9, ceux-ci n\u2019auraient d\u2019autre solution pour y faire face que de tenter de produire toujours plus de moyens de satisfaire toujours plus de besoins<sup>7<\/sup>. Dans cette perspective, la croissance \u00e9conomique ne serait jamais que l\u2019effet compos\u00e9 des efforts de chacune et chacun pour am\u00e9liorer son sort. Cette explication repose sur un postulat anthropologique fort : l\u2019\u00eatre humain serait anim\u00e9 de besoins illimit\u00e9s, exc\u00e9dant donc toujours les moyens disponibles pour les satisfaire. Or, l\u2019histoire, l\u2019arch\u00e9ologie et l\u2019anthropologie permettent de d\u00e9couvrir des humains dont le comportement ne vient pas conforter ce postulat. En tout cas, force est de constater que la croissance est somme toute un ph\u00e9nom\u00e8ne tr\u00e8s r\u00e9cent et, au d\u00e9part, tr\u00e8s circonscrit sur le plan g\u00e9ographique<sup>8<\/sup>. Difficile donc d\u2019y voir l\u2019expression d\u2019une quelconque nature humaine.<\/p>\n<p>Une autre explication commune concernant ce ph\u00e9nom\u00e8ne en situe le fondement dans une certaine vision du monde, une id\u00e9ologie. La course \u00e0 la croissance serait le fruit d\u2019une passion mauvaise, qui se serait empar\u00e9e de nos esprits, au point de constituer une sorte de dogme<sup>9<\/sup>. Il est ind\u00e9niable que la qu\u00eate de croissance repose en partie sur des croyances partag\u00e9es. On l\u2019a dit plus haut, elle est g\u00e9n\u00e9ralement envisag\u00e9e comme la condition <em>sine qua non <\/em>du progr\u00e8s de l\u2019humanit\u00e9, que l\u2019on soit de \u00ab gauche \u00bb ou de \u00ab droite \u00bb. Des d\u00e9saccords existent quant \u00e0 la mani\u00e8re de g\u00e9n\u00e9rer cette croissance et d\u2019en redistribuer les fruits. Mais, il y a quasi-unanimit\u00e9 en ce qui concerne le fait de la favoriser. Et force est d\u2019admettre qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une croyance relativement bien fond\u00e9e. Certes, la croissance \u00e9conomique ne se traduit pas n\u00e9cessairement par une am\u00e9lioration de notre sort individuel ou collectif, comme en attestent d\u00e9sormais de nombreux travaux<sup>10<\/sup>. Mais, quand elle ralentit ou s\u2019arr\u00eate, les choses tournent mal. Des humains perdent leur emploi et donc leurs moyens de vivre, le Tr\u00e9sor public se vide et l\u2019\u00c9tat voit donc se r\u00e9duire sa capacit\u00e9 d\u2019agir, le climat social ne peut alors que se d\u00e9grader et l\u2019instabilit\u00e9 augmenter. L\u2019imp\u00e9ratif de la course \u00e0 la croissance ne trouve pas seulement son origine dans nos t\u00eates et nos repr\u00e9sentations du monde. Il est inscrit dans la nature de nos soci\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n<p>Ces derni\u00e8res sont d\u00e9termin\u00e9es par un ph\u00e9nom\u00e8ne social fondamental qui s\u2019est impos\u00e9 en en Europe \u00e0 la fin de l\u2019\u00e9poque m\u00e9di\u00e9vale et que Marx a r\u00e9sum\u00e9 en une formule tr\u00e8s simple : A \u2013 M \u2013 A\u2019. De l\u2019argent accumul\u00e9 (A) est utilis\u00e9 pour produire des marchandises (M), non pas dans le but d\u2019assouvir un quelconque besoin, mais d\u2019abord pour tenter de r\u00e9aliser un profit (A\u2019) en revendant ces marchandises. Autrement dit, nos soci\u00e9t\u00e9s sont capitalistes, au sens o\u00f9 leur devenir d\u00e9pend de la capacit\u00e9 de leurs membres \u00e0 favoriser, individuellement et collectivement, l\u2019accumulation du capital.<\/p>\n<p>Et la strat\u00e9gie privil\u00e9gi\u00e9e pour ce faire consiste \u00e0 produire et \u00e0 vendre toujours plus de marchandises, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer de la croissance \u00e9conomique<sup>11<\/sup>. Par cons\u00e9quent, si l\u2019on souhaite arr\u00eater la catastrophe \u00e9cologique en cours, et mettre ainsi un terme \u00e0 l\u2019\u00e9co-anxi\u00e9t\u00e9 ou l\u2019\u00e9co-angoisse que nous subissons, il faut arr\u00eater la circulation capitaliste de l\u2019argent. Bref, il convient de sortir du capitalisme, ce qui n\u2019est \u00e9videmment pas une mince affaire. Il semble bien que ce soit cependant la seule solution pour en finir avec le d\u00e9sastre actuel, n\u2019en d\u00e9plaise \u00e0 celles et ceux qui entretiennent l\u2019espoir de voir \u00e9merger un jour prochain un \u00ab capitalisme vert \u00bb<sup>12<\/sup>. Tout montre qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un oxymore.<\/p>\n<p><strong><br \/>\nABOLIR<\/strong> <strong>L\u2019ENTREPRISE,<\/strong> <strong>RED\u00c9COUVRIR<\/strong> <strong>LES<\/strong> <strong>COMMUNS<\/strong><\/p>\n<p>Quelles cibles concr\u00e8tes se donner pour enrayer la dynamique capitaliste ? Il faut stopper son principal \u00ab moteur \u00bb, \u00e0 savoir l\u2019entreprise \u00ab libre \u00bb, dont la raison d\u2019\u00eatre est d\u2019accumuler du capital en produisant et en vendant toujours plus de marchandises. Et pour ce faire, il faut remettre en question le rapport social sur lequel elle est fond\u00e9e, c\u2019est-\u00e0-dire le salariat. Comme l\u2019histoire et l\u2019ethnologie en attestent, s\u2019ils en ont le choix, les humains ne vont jamais s\u2019efforcer de produire sans limites. Pour qu\u2019ils le fassent, ils doivent y \u00eatre forc\u00e9s<sup>13<\/sup>. C\u2019est ce que permet le rapport salarial, qui place le propri\u00e9taire des moyens de production, donc des moyens de vivre, dans une position de force par rapport \u00e0 ceux qui n\u2019ont d\u2019autre choix pour rester en vie que de lui vendre leur force de travail. Il peut de la sorte obtenir de ceux qu\u2019il emploie davantage de travail que ce qui est n\u00e9cessaire \u00e0 leur reproduction. Telle est l\u2019une des principales conditions de possibilit\u00e9 de la croissance \u00e9conomique<sup>14<\/sup>.<\/p>\n<p>Pour en finir avec le salariat, la solution n\u2019est pas de transf\u00e9rer les moyens de production sous contr\u00f4le \u00e9tatique. Les r\u00e9volutions socialistes du XXe si\u00e8cle ont assez bien montr\u00e9 que cette forme de collectivisation n\u2019a accouch\u00e9 que d\u2019une sorte de capitalisme d\u2019\u00c9tat, visant surtout \u00e0 rattraper les \u00e9conomies occidentales, et qui s\u2019est av\u00e9r\u00e9 finalement pas moins productiviste que le capitalisme lib\u00e9ral. La solution est de garantir \u00e0 toutes et tous l\u2019acc\u00e8s aux moyens de vivre, selon ce principe socialiste qui n\u2019a rien perdu de sa pertinence : de chacun selon ses moyens, \u00e0 chacun selon ses besoins. Cela n\u2019exclut pas une forme de propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, mais limit\u00e9e \u00e0 l\u2019usage de ce qu\u2019il faut pour vivre, d\u2019une part, et excluant le droit d\u2019abusus, notamment le droit de d\u00e9truire les biens poss\u00e9d\u00e9s, d\u2019autre part. En r\u00e9alit\u00e9, il s\u2019agit moins de s\u2019approprier les moyens de production que d\u2019en devenir les co-responsables, dans un souci de soutenabilit\u00e9 et de justice. Le but : assurer notre subsistance, et non plus produire (ou coproduire) des marchandises dans l\u2019espoir de r\u00e9aliser un profit. Enfin, lorsque les moyens de production en question sont pris en charge par plusieurs personnes, les d\u00e9cisions les concernant doivent \u00eatre d\u00e9mocratiques et la collaboration entre ces personnes doit reposer sur l\u2019entraide, \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 des principes de l\u2019entreprise capitaliste<sup>15<\/sup>.<\/p>\n<p>Ces principes sont constitutifs de ce que l\u2019on appelle des \u00ab communs \u00bb, qui seraient donc la forme de vie sociale \u00e0 privil\u00e9gier pour envisager une sortie du capitalisme et permettre, par cons\u00e9quent, un vrai ralentissement de la catastrophe \u00e9cologique en cours16. \u00c9videmment, une telle \u00ab communalisation \u00bb g\u00e9n\u00e9rale appara\u00eet comme un objectif tr\u00e8s lointain, alors que c\u2019est plut\u00f4t l\u2019 \u00ab entreprisation \u00bb du monde qui semble se poursuivre de plus belle aujourd\u2019hui<sup>17<\/sup>. Il reste que les \u00ab communs \u00bb fleurissent un peu partout en Occident actuellement. Non seulement, il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de renverser l\u2019ordre en place pour les instaurer, mais ils constituent une mani\u00e8re de vivre ensemble qui tend \u00e0 \u00e9merger spontan\u00e9ment en temps de crises. Car, il faut le souligner, les communs ne sont pas une invention propre \u00e0 notre \u00e9poque, mais une forme sociale omnipr\u00e9sente dans l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9, comme l\u2019ont rappel\u00e9 les travaux s\u00e9minaux d\u2019\u00c9linor Ostrom<sup>18<\/sup>. Leur quasi-disparition au sein de la civilisation industrielle pourrait donc n\u2019avoir \u00e9t\u00e9 qu\u2019une courte \u00e9clipse. Toutefois, il n\u2019y aura pas de r\u00e9elle communalisation sans un travail politique pour la soutenir. Et c\u2019est ce travail, qui peut consister aussi bien \u00e0 \u00e9laborer un projet politique coh\u00e9rent, \u00e0 d\u00e9velopper des communs ou \u00e0 exercer des pressions en leur faveur sur les autorit\u00e9s en place, qui me semble constituer la meilleure mani\u00e8re de soigner notre \u00e9co-anxi\u00e9t\u00e9<sup>19<\/sup>.<\/p>\n<h6>1 : Henri Laborit, <em>\u00c9loge de la fuite<\/em>, Paris, Folio, 1976.<\/p>\n<p>2 : Voir notamment la s\u00e9rie d\u2019\u00e9tudes sur les limites plan\u00e9taires r\u00e9alis\u00e9es au sein du Stockholm Resilience Centre, dont les principaux r\u00e9sultats sont vulgaris\u00e9s dans : Aur\u00e9lien Boutaud, Natacha Gondran, <em>Les limites plan\u00e9taires<\/em>, Paris, La d\u00e9couverte (Rep\u00e8res), 2020.<\/p>\n<p>3 : Andr\u00e9 Cicollela, <em>Toxique plan\u00e8te<\/em>, Paris, Seuil, 2013.<\/p>\n<p>4 : Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz, <em>L\u2019\u00e9v\u00e9nement Anthropoc\u00e8ne<\/em>, Paris, Le Seuil, 2013.<\/p>\n<p>5 : Timoth\u00e9e Parrique, <em>Ralentir ou p\u00e9rir. L\u2019\u00e9conomie de la post-croissance <\/em>, Paris, Le Seuil, 2022.<\/p>\n<p>6 : Yves-Marie Abraham, <em>Gu\u00e9rir du mal de l\u2019infini. Produire moins, partager plus, d\u00e9cider ensemble <\/em>, Montr\u00e9al, \u00c9cosoci\u00e9t\u00e9, 2019.<\/p>\n<p>7 : Paul A. Samuelson, William D. Nordhaus, <em>\u00c9conomie<\/em>, Paris, Economica, 2005.<\/p>\n<p>8 : Angus Maddison, <em>L\u2019\u00e9conomie mondiale : une perspective mill\u00e9naire<\/em>, Paris, OCDE, 2001.<\/p>\n<p>9 : Dominique M\u00e9da, <em>La mystique de la croissance : comment s\u2019en lib\u00e9rer<\/em>, Paris, Flammarion, 2013.<\/p>\n<p>10 : Richard Wilkinson et Kate Pickett, <em>L\u2019\u00e9galit\u00e9 c\u2019est mieux. Pourquoi les \u00e9carts de richesse ruinent nos soci\u00e9t\u00e9s <\/em>, Montr\u00e9al, \u00c9cosoci\u00e9t\u00e9, 2013.<\/p>\n<p>11 : Anselm Jappe, <em>Cr\u00e9dit \u00e0 mort : la d\u00e9composition du capitalisme et ses critiques<\/em>, Paris, \u00c9ditions Lignes, 2011.<\/p>\n<p>12 : \u00c9ric Pineault, <em>A social Ecology of Capital<\/em>. London, Pluto Press, 2023.<\/p>\n<p>13 : Marshall Sahlins, <em>Age de pierre, \u00e2ge d\u2019abondance : l\u2019\u00e9conomie des soci\u00e9t\u00e9s primitives<\/em>, Paris, Gallimard, 1976.<\/p>\n<p>14 : Andr\u00e9 Gorz, \u00ab L&#8217;\u00e9cologie politique entre expertocratie et autolimitation. \u00bb, <em>Actuel Marx<\/em>, 12, 1992, p. 15-29.<\/p>\n<p>15 : Yves-Marie Abraham, Ambre Fourrier, \u00ab Mais vous \u00eates donc communiste? Compl\u00e9ment d\u2019enqu\u00eate sur les communs \u00bb, <em>Recherches sociographiques<\/em>, LXIV, 1, 2023, p. 201-227.<\/p>\n<p>16 : Pierre Dardot, Christian Laval, <em>Commun. Essai sur la r\u00e9volution au XXI\u00e8me si\u00e8cle <\/em>, Paris, La D\u00e9couverte, 2014 ; Silvia Federici, <em>R\u00e9enchanter le monde. F\u00e9minisme et politique des communs <\/em>, Gen\u00e8ve\/Paris, Entremonde, 2022.<\/p>\n<p>17 : Andreu Sol\u00e9, \u00ab Prol\u00e9gom\u00e8nes \u00e0 une histoire des peurs humaines \u00bb, in J\u00e9r\u00f4me M\u00e9ric, Yvon Pesqueux, Andreu Sol\u00e9 (\u00e9d.), <em>La \u00ab Soci\u00e9t\u00e9 du risque \u00bb. Analyse et critique <\/em>, Economica, 2009, pp. 45-57.<\/p>\n<p>18 : Elinor Ostrom, <em>Gouvernance des biens communs<\/em>, Paris, De Boeck, 2010.<\/p>\n<p>19 : Michel Lepesant, <em>Politique(s) de la d\u00e9croissance. Propositions pour penser et faire la transition <\/em>, Paris, Utopia, 2013.<\/h6>\n                            <\/div>\n                                                                                        <\/div>\n            <\/div>\n        <\/div>\n\n\n\n    <\/section>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"featured_media":876,"parent":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":true},"annee":[],"domaine":[195],"pays":[],"thematique":[267],"class_list":["post-1261","auteur","type-auteur","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","domaine-research-en","thematique-thinking-sustainability-en"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.9 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Yves-Marie Abraham - Fondation Louis Roederer<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.fondation-louisroederer.com\/en\/auteur\/yves-marie-abraham\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"en_US\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Yves-Marie Abraham - 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