Finaliste 2026

Mohamed Mahdy

Afrique – Présenté par Untitled Duo

 

Moon Dust

© Mohamed Mahdy, Moon Dust

À propos de la série

Moon Dust a pour sujet Wadi el-Qamar, la Vallée de la Lune, un quartier résidentiel très peuplé de l’ouest d’Alexandrie, la deuxième plus grande ville d’Égypte. Près de 60 000 personnes vivent sous les nuages noirs de fumée qui s’échappent des cheminées de l’Alexandria Portland Cement Company, une filiale de « Titan », producteur grec de ciment et de matériaux de construction. La première fois que je suis entré à Wadi El-Qamar, c’était en 2015, un ami proche m’avait dit que sa petite sœur allait mourir d’asthme et que sa famille n’avait d’autre choix que partir. J’avais dix-neuf ans, j’étais un photographe documentaire débutant et rien n’aurait pu me préparer à la scène qui m’attendait : des fenêtres scellées avec des sacs en plastique, des maisons recouvertes de poussière de ciment et des enfants qui toussaient dans les rues. Ici, si la fenêtre reste ouverte une heure, un centimètre de poussière recouvre tout ce qui se trouve dans la maison. Ceux qui vivent près de l’usine doivent aussi supporter les fumées de charbon, les vibrations qui fissurent les murs et la pollution sonore. Le problème est à la fois climatique et social, les habitants ne peuvent plus travailler et subvenir aux besoins de leur famille. Les enfants sont atteints d’asthme, de cancer du poumon, d’infections des yeux, des oreilles et de la gorge. En mars 2018, une cour d’appel a déclaré l’usine coupable d’« avoir causé une pollution environnementale et d’avoir violé le droit à la santé des résidents voisins », mais aucune mesure n’a été prise à ce jour, malgré la mobilisation des citoyens et des ONG. Mon projet fait office de témoignage et de mémorial. Des personnes que j’ai photographiées sont décédées. Leurs histoires demeurent dans chaque image, dans chaque couche de poussière sur la pellicule.

© Mohamed Mahdy, Moon Dust

© Mohamed Mahdy, Moon Dust

© Mohamed Mahdy, Moon Dust

© Mohamed Mahdy, Moon Dust

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© Mohamed Mahdy, Moon Dust

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© Mohamed Mahdy, Moon Dust

© Mohamed Mahdy, Moon Dust

© Mohamed Mahdy, Moon Dust

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© Mohamed Mahdy, Moon Dust

© Mohamed Mahdy, Moon Dust

© Mohamed Mahdy, Moon Dust

© Mohamed Mahdy, Moon Dust

© Mohamed Mahdy, Moon Dust

L’air me pesait sur la poitrine. Quand je suis rentré chez moi à bout de souffle, ma mère m’a demandé : Pourquoi fais-tu cela ? Tu es asthmatique. J’ai répondu : Si je ne le fais pas, qui le fera ? J’ai vécu parmi les habitants de Moon Valley, près d’Alexandrie, pendant près de quatre ans, essayant de comprendre la violence de cette poussière de ciment qui s’infiltre dans les poumons, la peau et la mémoire.

Mohamed Mahdy

Finaliste 2026

Mohamed Mahdy Afrique

Mohamed Mahdy (Égypte, 1996) est basé à Alexandrie. Il est diplômé de l’université Pharos d’Alexandrie (PUA) en arts et design et de la Danish School for Media and Journalism (DMJX) au Danemark. Mahdy a choisi la narration visuelle pour son efficacité à dénoncer l’injustice et à transformer progressivement les systèmes de pouvoir. Il explore l’intersection entre droits humains et effondrement environnemental, documente les effets de la violence environnementale sur les habitations, les paysages et les corps. Il a remporté les prix, régional et mondial, du concours World Press Photo 2023 pour son documentaire web interactif Here, the Doors Don’t Know Me.

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Il est lauréat du Prix de la photographie de la Fondation des Treilles et du IIIe Prix Méditerranéen Albert Camus – Prix Incipiens. Il a reçu les bourses de l’ECCA Family Foundation en 2022 et de la Fondation Magnum en 2021, « Photography & Social Justice ». Il a réalisé trois expositions individuelles en Égypte et a exposé en Allemagne « Take Me to the River » (2021) à la Hamburger Bahnhof de Berlin et à l’Altonaer Museum de Hambourg, à l’Institut du Monde Arabe en France, à Geopolis en Belgique, à Photoville à New York et à la Sharjah Art Foundation.

https://mohammedmahdy.com/