© Ana Elisa Sotelo & Sadith Silvano, Petition to the plant spirits, Portraits of the Multiverse
THINKING SUSTAINABILITY*
*Penser la durabilité
Thinking Sustainability est un programme audacieux créé en 2024 par Audrey Bazin, directrice artistique de la Fondation Louis Roederer, et conçu pour répondre aux changements perpétuels des perspectives et des situations liées à la durabilité et à l’habitabilité.
A sa création, ce programme international s’articulait autour de deux grands axes :
– Le Thinking Sustainability Prize, qui récompense un ou une photographe qui s’empare d’une problématique liée à la durabilité, par le prisme des sciences naturelles ou celui des sciences humaines.
– Le volet Thinking Sustainability Research, qui rassemble une sélection de textes de penseurs et de chercheurs du monde entier que la Fondation a invités à écrire sur le sujet de leur choix.
Ces travaux photographiques et de recherches fascinants, offerts en accès libre, sont réalisés à travers le monde par des personnes engagées dans une meilleure compréhension des enjeux environnementaux et sociaux. Grâce à leur expertise, ces acteurs nous offrent des clés de réflexion et ouvrent la voie à des changements possibles, qu’ils relèvent des sciences naturelles ou humaines.
Pour garantir la diversité des points de vue, chaque édition de Thinking Sustainability renouvelle entièrement les rapporteurs, les membres du jury du Prix photographique, ainsi que les penseurs et scientifiques pour la partie Recherche. Tous, sélectionnés pour la singularité de leur voix et de leur regard, apportent des perspectives inédites, souvent distinctes de celles habituellement mises en avant. Ces voix, émergentes ou reconnues, disposent d’une liberté totale pour aborder le sujet de leur choix, proposer un photographe à défendre, ou voter pour le travail qu’ils et elles souhaitent soutenir. Ainsi découvre-t-on des regards photographiques très divers et des textes profondément inspirés. La Fondation Louis Roederer est fière de ces cartes blanches, garantes d’expressions libres et visionnaires.
Le programme Thinking Sustainability évolue d’une édition à l’autre, à l’image des avancées de la recherche et de la création. En 2026, il s’enrichit des volets Residency et Involvement qui ouvrent le programme a des collaborations et des actions concrètes en faveur du vivant et de la biodiversité.
Si le volet Residency – en association avec la Fondation Camargo, invite en résidence en France un penseur américain à partager son lien sensible à la nature, le volet Involvement – en partenariat avec le World Monuments Fund et le Domaine du Rayol, inscrit activement la Fondation dans la sensibilisation et la préservation du patrimoine vivant, notamment envers les enfants.
L’objectif : participer à une réflexion approfondie sur la durabilité, en proposant des clés de raisonnement à toute personne curieuse et soucieuse de mieux en comprendre les enjeux à grande échelle.
© Mónica de Miranda, Whistle for the wind, The Island
© Fondation Camargo
THINKING SUSTAINABILITY RESIDENCY
Afin d’ouvrir le programme Thinking Sustainability au sensible et au poétique, La Fondation crée en 2026 la résidence d’écriture « Habiter le monde », une invitation à un auteur à rédiger un texte sur son lien intime au monde, en collaboration avec la Fondation Camargo.
© Domaine du Rayol
THINKING SUSTAINABILITY INVOLVEMENT
En 2026, la Fondation Louis Roederer inaugure un volet Involvement dédié aux actions menées pour le vivant et la biodiversité. Elle soutient des programmes de préservation et de transmission des jardins patrimoniaux et des actions de sensibilisation à destination des enfants.
Conversation avec Audrey Bazin,
Directrice artistique de la Fondation Louis Roederer
Audrey Bazin
© gkayacan
En 2024, vous avez lancé le programme Thinking Sustainability.
Quel esprit a présidé à sa création ?
Un Prix de photographie lié à la durabilité existait en 2021, mais j’ai souhaité le repenser en créant un programme beaucoup plus vaste, à la mesure de l’engagement historique de la Maison Louis Roederer dans la préservation de la biodiversité et, de ce fait, de la Fondation. Ce programme international se veut sincère et exigeant. Il s’est dans un premier temps articulé autour de deux grands axes :
– Le Thinking Sustainability Prize récompense un ou une photographe qui s’empare d’une problématique liée à la durabilité, par le prisme des sciences naturelles ou celui des sciences humaines.
– Le volet recherche, Thinking Sustainability Research, rassemble une sélection de textes de penseurs et de chercheurs du monde entier à qui la Fondation a offert une carte blanche.
L’objectif : participer à une réflexion approfondie sur la durabilité et l’habitabilité, en proposant des clés de raisonnement à toute personne curieuse et soucieuse de mieux en comprendre les enjeux à grande échelle.
Comment s’organise le Prix photo, le Thinking Sustainability Prize ?
Je passe de longs mois à réunir un jury et à sélectionner des rapporteurs différents des prix habituels. Je souhaite des voix nouvelles tout autant que des voix référentes. Le jury – qui doit obligatoirement s’intéresser à la question de la durabilité – est constitué de personnalités françaises et étrangères, des experts de la photographie mais aussi des personnalités du monde du cinéma, de la littérature ou encore de la philosophie ainsi que des directeurs et directrices d’institutions, afin de bénéficier d’un regard croisé sur les propositions des candidats.
Les rapporteurs, expertes et experts en photographie, doivent représenter tous les continents (l’Amérique étant subdivisée en deux : Nord et Sud). Tous doivent être originaires du continent qu’ils représentent ou y résider depuis au moins cinq ans, afin de garantir une connaissance approfondie de l’écosystème culturel local. Chacune et chacun a trois mois pour sélectionner trois photographes originaires du continent qu’ils représentent (ou qui y résident depuis au moins cinq ans) afin de porter un regard réfléchi sur la durabilité précisément sur leur région.
Le jury a ensuite trois mois pour explorer et étudier les 54 candidatures. Chaque membre vote pour son artiste préféré(e) par continent, puis pour son ou sa lauréate parmi les 6 finalistes.
La dotation pour le lauréat ou la lauréate est fixée à 8 000 euros. Sa série de photos est accompagnée d’un texte critique rédigé par un historien ou une historienne de l’art provenant du même continent que le ou la photographe. Dans un souci d’équité, les 5 finalistes sont eux rémunérés à hauteur de 1 000 euros.
La cérémonie de remise du prix a eu lieu en novembre à Paris, dans un lieu que j’affectionne particulièrement, épicentre de la création et de la réflexion : l’Institute for Ideas & Imagination.
Qu’en est-il de ce pôle de recherche international, Thinking Sustainability Research ?
La durabilité que nous imaginons est lié à notre expérience, forcément locale. Ce n’est pas celui que l’on vit au Brésil, au Sénégal, en Inde, en Australie ou au Japon. J’ai donc proposé à des chercheuses et chercheurs d’écrire sur le sujet en choisissant un représentant ou une représentante par continent. Tous ont carte blanche.
Pour chaque édition, des champs nouveaux de recherches et de réflexions seront valorisés afin de montrer que penser la durabilité et l’habitabilité se fait dans tous les domaines et aussi à tout niveau, du local jusqu’à l’international.
La Fondation, fidèle à sa vocation de transmission de connaissances, publie l’ensemble des textes et des projets photographiques des finalistes sur son site internet. Rendre l’intégralité du programme Thinking Sustainability disponible en accès libre permet d’offrir ces réflexions sur le développement durable au plus grand nombre.
Cet ambitieux programme a-t-il vocation à évoluer ? Quelles sont les spécificités de la deuxième édition en 2026 ?
Ce projet a évidemment été pensé sur le long terme. Il se devra d’être en perpétuel développement à l’image de la pensée, toujours en mouvement.J’ai souhaité que le programme Thinking Sustainability franchisse une nouvelle étape, en s’enrichissant de deux volets complémentaires, à la fois réflexifs et engagés.
Thinking Sustainability Residency – « Habiter le monde », est né de mon désir d’ouvrir le programme à une dimension plus sensible et poétique. Développée en partenariat avec la Fondation américaine Camargo, lieu de résidence internationalement reconnu, situé à Cassis dans le Sud de la France, cette résidence invite un penseur — écrivain américain — à explorer, par l’écriture, son lien intime au monde. Contrairement aux volets Thinking Sustainability Prize et Research, fondés sur des travaux scientifiques, « Habiter le monde » fait place à l’expérience, au ressenti et à l’imaginaire. Accueilli pendant trois semaines dans la propriété de la Fondation Camargo au coeur du Parc national des Calanques, l’auteur produira un texte qui sera intégré à la publication du programme.
Le second volet, Thinking Sustainability Involvement, prolonge cette réflexion par l’action. Nous souhaitons inscrire la Fondation Louis Roederer dans des engagements concrets en faveur de la protection et de la transmission du vivant. Cela passe par le soutien au World Monuments Fund, à travers un programme international dédié à l’adaptation des jardins historiques aux changements climatiques, mais aussi par l’accompagnement du dispositif éducatif du Domaine du Rayol — jardin historique dessiné par Gilles Clément — destiné à sensibiliser les plus jeunes à la biodiversité et à sa défense. Au-delà de la qualité des projets développés par ces deux structures en lien avec le vivant, il s’agit d’inscrire le rayonnement de la Fondation à la fois à l’échelle internationale et à l’échelle régionale, dans un dialogue constant entre pensée, création et action.